ABA-KIN : Discussion sur « La digitalisation et le patrimoine culturel africain à l’ère de l’Intelligence artificielle »

Une journée d’échanges scientifiques entre enjeux de la question patrimoniale et questionnement de l’usage de l’Intelligence artificielle dans la préservation culturelle. La discussion sur « La digitalisation et le patrimoine culturel africain à l’ère de l’IA » organisée jeudi 26 mars par l’Académie des Beaux-arts de Kinshasa et Krithika Artprojects, en collaboration avec le Musée royal d’Afrique centrale, dans le cadre du projet S+T+ARTS Afropean Intelligence, a capté la pertinence d’un sujet fondamental qui façonne notre avenir.

Organisée dans la salle du Musée de l’Académie des Beaux-Arts de Kinshasa, cette discussion a été un moment de réflexion intense qui a exploré l’importance de préserver et de sauvegarder le patrimoine à l’ère de l’Intelligence artificielle. En véritable socle d’idées, elle s’est notamment appuyée sur la problématique de la restitution des œuvres d’art, les enjeux de la digitalisation du patrimoine africain et l’appropriation de l’Intelligence artificielle. Ces axes nourris par les champs d’idées de chaque intervenant, ont tous conjugué avec la préservation du patrimoine numérique.

Pour le Professeur Joseph Ibongo, Docteur en Histoire de l’art et Archéologie, les questions de l’appropriation de l’Intelligence artificielle et la sauvegarde du patrimoine culturel africain doivent demeurer fondamentales. « Le numérique est devenu notre compagnon. Le patrimoine numérique est contextualisé, est constitué des matériaux d’une valeur durable qu’il est nécessaire de conserver pour les générations futures. Tous les matériaux numériques ne sont pas des valeurs durables, mais ceux qui le sont, exigent des méthodes actives de préservation si l’on veut que la continuité du patrimoine numérique soit assurée », a-t-il souligné.

Utiliser l’IA nécessite une meilleure compréhension de l’outil. Kasper Jordaens, artiste visuel belge de live codage estime pour sa part que les artistes ne doivent pas rester en marge de la technologie. « L’IA est un outil qui a aussi des défauts, mais s’i on veut créer de l’art avec elle, il est important de comprendre la technologie et être très critique. »

Notons que ce moment d’échanges a aussi connu la participation des acteurs tels que Augustin Bikale, conservateur, opérateur culturel et agent artistique, Patrick Mudekereza, écrivain et commissaire d’exposition et des artistes Mélisa Kayowa et Mahoutondji Kinmagbo soutenus par le projet S+T+ARTS Afropean Intelligence qui explore les impacts sociétaux de l’IA à travers l’art, la science et la technologie. Après une résidence de huit mois, les deux artistes exposeront leurs œuvres en mai prochain à l’Académie des Beaux-Arts de Kinshasa. Une exposition qui sera suivie d’un grand symposium entre les partenaires africains et européens.

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