L’Académie des Beaux-Arts de Kinshasa, en collaboration avec le Musée Royal de l’Afrique Centrale, a organisé du mardi 09 au mercredi 10 décembre 2025, dans le cadre du projet SMART, un Colloque international sur le patrimoine culturel congolais. Ces assises ont tourné autour de la restitution du patrimoine culturel, des études de provenance des collections muséales et du futur des musées en République démocratique du Congo.
Entre débats et propositions, les différents experts ont, à travers des analyses pointues et pointillées, épinglé des enjeux de ces trois axes. Il a été notamment question d’engager un débat sur la problématique de la restitution, de frayer une nouvelle trajectoire de décolonisation des récits patrimoniaux et de repenser le fonctionnement de nos musées congolais et africains.

Le Directeur Général de l’Académie des Beaux-Arts de Kinshasa, le Professeur Ordinaire Henri Kalama Akulez, s’est réjoui d’un colloque qui marque une étape théorique décisive dans la construction d’une politique patrimoniale structurée et inclusive. « Les communications présentées et les débats qu’elles ont suscités ont permis de mesurer l’ampleur des enjeux autour de la restitution du patrimoine culturel. Il ressort de ces travaux que la restitution ne se réduit pas à une simple opération de transfert matériel, mais qu’elle s’inscrit dans une démarche globale de revalorisation de la mémoire nationale, de réhabilitation historique et de réappropriation identitaire », a-t-il souligné.

À l’issue de ces assises, les experts et les participants ont formulé dix-sept recommandations, notamment la ratification de la Convention d’UNIDROIT sur les biens culturels volés ou illicitement exportés, la réforme législative nationale et le renforcement de la coordination institutionnelle pour accélérer la restitution des biens culturels, l’engagement du gouvernement congolais pour les questions de restitution des biens culturels, la construction d’un musée à hauteur de la grandeur du pays et de ses richesses, l’intégration officielle des associations de la diaspora dans le processus de restitution ou encore faire en sorte que la recherche de provenance ne soit pas un frein ou une condition à la restitution, pour ne citer que celles-là.
Notons que les Ateliers de la pensée de l’Académie des Beaux-Arts de Kinshasa s’inscrivent dans la perspective de promouvoir la pensée critique à travers des échanges constructifs qui visent à nourrir l’écosse de l’art.

